Oulan-Bator, hors les murs

C'EST à Oulan-Bator que la Mongolie s'enlise et que, d'un certain point de vue, elle s'enlaidit. Rien ne sied moins aux descendants du Khan que les mœurs sédentaires, quand bien même ils se contenteraient aujourd'hui des monts de l'Altaï, de la vallée de l'Orkhon et du désert de Gobi pour territoire après avoir régné sur le plus grand empire du monde, lequel s'étendait, à son apogée, au XIIIe siècle, de la Méditerranée au Pacifique et de la Sibérie à l'Inde et l'Indochine.

A leur tour envahissants, des voisins belliqueux ont longtemps tenu sous leur joug ce peuple de nomades et de cavaliers, collectivisé à la hâte terres, troupeaux et ce qui faisait l'âme de ces autres "Fils du vent".

Un tiers de la population vit désormais à Oulan qui n'est plus la "ville du feutre" qu'en périphérie, dans les environs du monastère du Gandan Khiid, où bonzes et lamas tournent autour des moulins à prières et d'un Bouddha aux mille bras. 

 

Dans le parc naturel de Terelj, à seulement quatre-vingts kilomètres de la capitale, mais à deux bonnes heures de "route", la Mongolie retrouve son âme et des couleurs. Avant d'entrer dans le parc, il faut appeler sur nous la bienveillance de l'Esprit de la Montagne, tourner autour de l'Ovoo... Villages de yourtes et petits chevaux en bande au milieu des montagnes sacrées, tout dans ce parc invite à la spiritualité. 

Comme le Tibet, la Mongolie pratique majoritairement le bouddhisme dit du Grand Véhicule, que les envahissants voisins russe et chinois n'ont pas réussi à "éradiquer"...

Sur la route entre Oulan-Bator et le parc naturel de Terelj, situé à seulement 80 km de la capitale, mais à deux bonnes heures de "voiture"...