L'inconcevable coming-out d'Imaculada 

 Nouvelle taurine et torride 

Imaculada réajuste la jupe que la Real Maestranza lui a fournie avec tout le reste de la panoplie le jour de son embauche, il n’y a même pas un an. Quand elle tire le long de ses cuisses les pans de ce chiffon fuschia de sorte qu’il redescende en dessous des genoux, elle est sûre de ressembler à une bonbonnière en faïence, à un sucrier avec ses anses ou, le brillant en moins, à la coupe de la Ligue des champions de football.

Ma petite fille, il va bien falloir sortir de ce vestiaire à un moment ou à un autre, qu’elle se dit, affronter les rayons indélicats du soleil de l’après-midi, ce foutu soleil qui la perce à jour.

Elle regarde la pendule, encore cinq minutes allez, puis le troupeau de quinze heures quinze qui laboure le carrelage du hall d’entrée. Voyons voir ce que l’on a, à quoi donc il ressemble, cet autre fardeau quotidien qu’elle devra se coltiner dans cinq minutes à peine. Du Castillan, du Navarrais, du paysan d’Estrémadure, du cul pincé des Asturies, du Chinois, du Hollandais, de l’Américain (aïe), du Français (aïe aïe aïe), et des gosses, madre de dios, toute une portée, des putains de gosses qui courent partout et font tourner bourrique.